A la demande d'une amie (ma plus grande fan?!), je mets l'un de mes textes sur ce blog. A vrai dire, celui-ci n'est pas récent. Il date de décembre 2006. J'écoutais "
Fast Car"
de Tracy Chapman. L'inspiration m'est venue. Une heure plus tard naissait "
Un soir d'hiver".
Bonne lecture.Un soir d'hiver...
Décembre. Tous ces flocons qui se déposent délicatement sur les toits et les rues... Le nuits plus longues et cette ambiance indescriptible. Le monde est comme ralenti, par le froid comme par l'approche constante de Noël. Aujourd'hui, cela fait un an qu'elle s'est éteinte. Brusquement, sans rien demander à personne. Je marche en direction du cimetière d'un pas assez calme. Les décorations éclairent faiblement les rues par cette nuit d'encre. Quelque part, cette ambiance festive me donne chaud au c½ur, même si il ne reste pas grand chose de celui-ci. Après quelques minutes de marche, j'arrive enfin à destination. Je jette un coup d'½il à l'écriteau gravé dans la pierre au dessus du portail :
« Cimetière Sainte-Marie »
Je ne m'étais jamais rendu dans un cimetière auparavant. Un léger frisson me parcourt le corps. Mon c½ur se serre dans ma poitrine. Je ferme les yeux. Il fallait s'y résoudre. J'étais résolu. J'avançais donc, d'un pas beaucoup moins ferme qu'auparavant. Soudain je l'aperçus. Une tombe. Sa tombe. Je m'approchais doucement. Oui, c'était bien elle. Je serrai les dents. C'était plus difficile que prévu.
Son nom résonnait dans ma tête. Aude, Aude, Aude. L'élue de mon c½ur. Celle qui l'avait fait chavirer. Elle m'avait entraîné avec elle dans un tourbillon de bonheur. Mon premier amour, plein de douceur, de beauté. Plein de rêve. Tout allait bien. Mais...
***
Un an plus tôt.
Oui, je me sens bien près d'elle. Je voudrais que le temps s'arrête et nous laisse en paix . Juste tous les deux. J'embrassai doucement son épaule avant de lui chuchoter délicatement :
« Je dois y aller. Je reviendrais un peu plus tard ce soir. Je ferai les courses avant de rentrer. Je t'aime. »
Aude acquiesça par un léger hochement de tête. Je lui adressai un petit sourire qu'elle me rendit. Son dernier sourire...
Je partais au travail avec le sourire. C'était bientôt Noël. L'occasion de se retrouver en toute intimité. Seuls.
Pendant toute la journée, je pensais à elle, mimant de m'intéresser à une autre activité quelconque. Mais mes pensées n'allaient plus que vers une seule personne. Elle, et elle seule. Cela faisait deux semaines que je l'avais rencontrée, et je bénissais chaque jour le ciel de m'avoir fait rencontrer mon amour. Car oui, j'en étais persuadé, c'était elle, et personne d'autre. La journée suivit son cours de façon tout à fait banale. Tout se déclencha lorsque j'hésitais sur les cadeaux à acheter pour chacun des membres de ma famille. Mon téléphone portable se mit à sonner bruyamment. Je décrochais celui-ci.
Je fus tout d'abord surpris par la confusion présente dans la voix de mon interlocuteur. Une jeune femme, en pleurs. Après l'avoir calmé de mon possible, elle me raconta la vérité. Cruelle vérité.
« C'est Aude... Elle... Elle s'est... suicidée... »
J'eus le souffle coupé. Non. C'était une sombre farce et bientôt, d'autres personnes rejoindraient la première pour m'annoncer la fin de ces longues secondes de torture. Mais rien. Pas un mot. Je chuchotais, dans un semblant de voix :
« Qu... Quoi ?
-On l'a retrouvée morte dans...l'appartement. Dans la salle de bain... elle s'est tranché les veines et... »
Je n'en entendis pas plus. D'ailleurs, quelle importance ? Rien ne comptait plus à présent. Elle était partie. Envolée.
Je me sentais comme vidé. Vidé de tout. De mes sentiments, de mon âme. J'avançais comme un pantin en direction de la sortie. Rien n'avait plus de sens. Mais il fallait que je voie ça. Je montais dans ma voiture et me dirigeais vers notre appartement. Machinalement.
J'entrai. Sur le divan du salon, une jeune fille pleurait. Sûrement celle qui m'avait prévenue. Elle me regarda. Il y eut un silence, puis elle recommença doucement à sangloter.
La salle de bain.
C'était tout ce qui comptait à présent. J'avançais à pas incertains vers cette pièce. La pièce de la fin. La fin de mon bonheur éphémère. C'est la que je la vis. Enfin, que je vis son corps, pur et fragile, baignant dans le sang. Tout ce sang versé. Une vie perdue. Bien plus qu'une vie. Un rêve envolé. Je m'agenouillais contre la baignoire. Soudain, les larmes se mirent à couler, pleines d'un désespoir sans nom. J'avais perdu mon ange, ma vie.
Trop de pression. Trop de manque. Je hurlais. Je n'en pouvais plus.
« Mais pourquoi ? Pourquoi ? » sanglotais-je.
Combien de temps passa ? Combien de temps étais-je resté à pleurer sans bruit la perte de mon amour ? Je ne sais pas.
Je n'envisageais plus la vie.
Oui, tout s'est arrêté ce 24 décembre.
***
Les larmes coulaient devant cette tombe. Une rose rouge à la main, je me rappelais de tous nos jours de bonheur... Je déposai la rose délicatement au côté de nombreux autres bouquets. Elle avait mis fin à ses jours. Je pense qu'elle aurait voulu que je vive, il fallait que j'en prenne conscience. Elle était parmi les anges maintenant. Un amour perdu, à jamais gravé dans mon c½ur. Nous étions le 24 décembre. Je souriais.
« Joyeux noël, Aude. »